Le moment de vérité pour les entreprises qui entrent dans le viseur des Français: le déconfinement

    Barometer Edelman (édition de mai 2020) montre que la confiance des Français envers
    les entreprises a été ébranlée par la crise du Covid-19 alors même que bon nombre
    d’entre elles a fait preuve d’une forte mobilisation pour apporter des solutions concrètes
    à la crise économique et sanitaire. A l’heure du déconfinement, les Français observent
    attentivement la façon dont ces entreprises vont opérer la reprise d’activité qui permettra
    de renouer, ou pas, un contrat de confiance entre elles et l’opinion publique.
    Du côté de la confiance envers le gouvernement, la France fait encore une fois figure
    d’exception dans le paysage mondial : alors que la confiance envers les gouvernements
    des principaux pays analysés atteint des niveaux records, la confiance des Français
    envers leur gouvernement reste basse, à 49%.

    Depuis le démarrage de la crise du Covid-19, le monde de l’entreprise est en perte
    de confiance
    En 2019, le Trust Barometer d’Edelman révélait une évolution majeure : l’émergence de
    l’institution « mon employeur » reconnue comme la plus digne de confiance (75 %),
    confirmant la tendance grandissante de la confiance envers les entreprises au détriment
    des gouvernements.
    Pourtant, l’édition de mai 2020 montre que la figure de l’employeur et plus largement des
    entreprises a totalement stoppé cette dynamique de confiance. En effet, le niveau de
    confiance envers les entreprise reste à un niveau identique de confiance neutre (50 %). Il
    semble évident que les entreprises n’ont pas su convaincre et apporter les solutions
    attendues lors de la crise du Covid-19. Cependant les attentes des Français sont fortes :
    59 % déclarent attendre des entreprises qu’elles contribuent et prennent leur part
    économique à l’effort. Ils sont également 61 % à souhaiter que les CEOs soient leaders du
    changement dans le contexte de pandémie. Pourtant, seuls 25 % des Français jugent que
    les chefs d’entreprise ont été à la hauteur des attentes.
    « Les CEOs, qui représentaient auparavant le nouveau visage de la confiance, souffrent
    aujourd’hui d’un déficit de confiance qui s’explique par un fort décalage entre les
    attentes des Français et ce qu’ils perçoivent de l’action des dirigeants dans leur
    ensemble. Les Français nous disent qu’ils souhaitent que les CEO prennent le leadership
    dans le cadre de la pandémie, sans attendre les prérogatives gouvernementales. La
    « compliance » ne suffit plus. Les entreprises sont attendues sur un niveau d’engagement
    plus fort » analyse Marion Darrieutort, Présidente d’Elan Edelman.
    Par ailleurs, les Français jugent sévèrement la sphère business dans sa capacité à faire.
    Seulement 43 % d’entre eux estiment que les entreprises ont su mettre à disposition les
    produits et services nécessaires attendus par les consommateurs et seuls 36 % considèrent
    que les entreprises ont su garantir la sécurité nécessaire pour protéger leurs
    collaborateurs.
    Des entreprises très attendues dans la reprise de l’activité
    Alors que nous entrons dans une reprise plus forte des activités professionnelles, 83 % des
    Français souhaitent que les dirigeants adoptent une position prudente dans la reprise des
    opérations. En effet, les Français guettent le redémarrage et s’interrogent sur les capacités
    des entreprises à mener à bien la reprise. Ils ne sont d’ailleurs que 38 % à estimer que les
    entreprises sont en mesure de bien ou très bien préparer le redémarrage.
    « Contre toute attente et malgré les initiatives solidaires qui ont fleuri depuis le début de
    la crise, les Français disent que la confiance envers les entreprises est en sursis et que le
    redémarrage de l’activité définira la confiance de demain. Dans la période de reprise
    d’activité, les Français envoient un signal fort aux entreprises : l’heure n’est pas encore au
    back to business » explique Marion Darrieutort.
    Pour retrouver plus de confiance envers les entreprises, les Français souhaiteraient qu’elles
    transforment leurs chaînes de fabrication pour produire des biens essentiels à la lutte
    contre la pandémie (60 %), qu’elles collaborent plus avec leurs concurrents (59 %) ou
    qu’elles redéfinissent leur raison d’être (55 %).
    Les Français attendent ainsi :
    – Premièrement, de l’authenticité dans les intentions de leur employeur. L’attention
    des salariés a été particulièrement accrue envers leurs propres dirigeants et on
    constate une hausse du niveau de confiance (+ 4 points à 46%). Néanmoins
    en termes d’éthique, seuls 27 % des Français estiment que les entreprises ont
    réellement donné la priorité aux « personnes » avant les enjeux business.
    – Deuxièmement, de la collaboration entre entreprises concurrentes. Les Français
    attendent des comportements atypiques de la part des entreprises comme plus
    de collaboration avec les concurrents dans leurs actions pour permettre de
    coordonner et renforcer le redémarrage (59 %).
    – Troisièmement, des CEOs beaucoup plus engagés et qui affichent une forme de
    « leadership d’animation ». 61% des Français attendent que les CEOs agissent de
    manière volontaire et prennent un leadership plus fort, sans attendre les directives
    du gouvernement. De manière plus globale, l’image des CEOs apparaît ternie
    avec un décalage entre les attentes des Français et ce qu’ils perçoivent de
    l’action des dirigeants.
    La « Trust bubble », un phénomène mondial dont le gouvernement français est tenu à
    l’écart
    Dans un contexte de crise mondiale sévère dans lequel les différentes institutions doivent
    être en mesure de mener des actions qui impliquent un niveau de confiance important
    des citoyens, consommateurs, employés, la France apparaît dans une situation peu
    favorable. Contrairement à la plupart des autres pays analysés où l’on constate une
    « bulle de confiance », les Français restent mesurés dans la confiance qu’ils ont envers la
    capacité des grandes institutions à agir de manière adéquate.
    Ainsi la France connait entre janvier 2020 et mai 2020 un regain de confiance global (+4
    points) envers son gouvernement. Ce qui dans un contexte « normal » serait à
    appréhender positivement, doit être relativisé au regard de la situation que l’on observe
    dans les autres pays étudiés. Ainsi, l’Allemagne, le Canada et le UK affichent un bond de
    +10 points, et la Corée du Sud +8 points. La France – ainsi que le Japon – restent dans une
    zone de défiance forte avec un niveau de 49% de confiance.
    « Dans son discours du 6 mai dernier, Emmanuel Macron évoquait l’idée d’un « pacte de
    confiance » entre l’Etat et les Français, expliquant ainsi que l’Etat doit protéger sans pour
    autant laisser entendre qu’il n’y a rien à faire. Le message ne semble pas avoir été
    complètement entendu par les Français », commente Marion Darrieutort.
    METHODOLOGIE
    Cette enquête est une édition spéciale du Baromètre de confiance Edelman 2020 et a pour
    objectif de mesurer la confiance des répondants dans le contexte de l’épidémie de Covid19.
    Organisée par l’agence de recherche Edelman Intelligence, elle est administrée en ligne
    auprès d’un échantillon global de 13.200 répondants à travers 11 pays dans le monde
    (Canada, Chine, France, Allemagne, Inde, Japon, Mexique, Arabie Saoudite, Corée du Sud,
    Royaume-Uni, Etats-Unis). Dans chaque pays, 1200 répondants appartenant à la population
    générale et âgés de 18 ans et plus sont interrogés. Ils respectent la répartition par région, âge
    et sexe représentative de leur marché, ce qui signifie que chaque résultat par marché est
    représentatif de l’opinion générale dans le pays. Ce terrain a étéréaliséentre le 15 et 23 avril.

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