Quand on évalue un support d’affichage de proximité, on regarde son emplacement, son format et son prix. On regarde beaucoup plus rarement le nombre d’heures pendant lesquelles il est réellement lisible. C’est pourtant la variable qui sépare deux supports identiques posés au même endroit.
Totem désigne, dans le vocabulaire de l’affichage extérieur, un support vertical autoportant, scellé au sol et lisible sur une ou deux faces. Le totem se distingue ainsi du panneau mural, fixé sur une façade, et du planimètre, qui reçoit une affiche changée à chaque campagne.
La moitié de l’année se joue à la tombée du jour
Sous nos latitudes, la durée du jour varie du simple au double entre décembre et juin. Fin décembre, dans le nord de la France, il fait nuit avant dix sept heures. Un totem non éclairé cesse alors d’exister au moment précis où le flux de passage est le plus fort : la sortie des bureaux, le retour des écoles, les courses du soir.
Sur une campagne d’hiver, un support passif perd donc une part importante de son exposition utile, et il la perd sur les heures les plus fréquentées. Un totem lumineux conserve la totalité de sa lisibilité, à condition d’être alimenté. Ramené au coût de la campagne, c’est le facteur le plus déterminant du calcul, loin devant le format.
Rétroéclairé et diffusant ne désignent pas la même chose
Deux familles de totems lumineux cohabitent, et le vocabulaire commercial les confond souvent.
Le rétroéclairage place la source lumineuse derrière l’affiche, imprimée sur un support translucide. Le visuel devient lumineux, les couleurs gagnent en densité, et le rendu est celui d’une vitrine. C’est la solution qui donne le plus de présence, et celle qui impose un tirage spécifique dont l’imprimeur doit être prévenu.
Le diffusant éclaire une surface qui rediffuse la lumière de façon homogène, sans traverser le visuel. Le rendu est plus doux, mieux accepté en secteur résidentiel, et l’affiche reste une affiche ordinaire.
Le choix se fait moins sur le budget que sur le contexte. En entrée de zone commerciale, le totem rétroéclairé s’impose. En cœur de bourg ou à proximité d’habitations, le diffusant évite la plainte pour nuisance lumineuse, qui reste un motif réel de dépose.
Le totem plat et le totem galbé ne se voient pas de la même façon
La distinction est présentée comme esthétique, elle est volumétrique. Un totem plat est une surface : vu de biais, il disparaît presque. Un totem galbé est un volume, qui conserve sa présence quel que soit l’angle de vue et capte la lumière rasante sur sa courbe.
Le choix se déduit donc de l’axe d’approche. En front de voie, avec une arrivée frontale, le totem plat suffit. Sur un giratoire ou un angle de parcelle, où le support est vu sous tous les angles, seul le galbé tient. La même logique commande le simple ou double face, qui se décide avant fabrication puisqu’il change la structure et non l’habillage.
L’alimentation est le vrai poste de décision
C’est l’arbitrage qui structure le projet, et il se prend très en amont. Une alimentation secteur suppose un raccordement, donc une tranchée si le point de livraison est loin. Une alimentation photovoltaïque affranchit du réseau et permet d’implanter un totem publicitaire extérieur lumineux là où le raccordement serait ruineux, au prix d’une autonomie qui dépend de l’exposition du site et de la saison.
Sur un parking existant, la solution autonome règle souvent le sujet à elle seule. Sur une opération neuve, un fourreau posé avec les voiries coûte quelques euros et laisse les deux options ouvertes.
La question à poser en premier
Avant le format, avant la teinte, avant même l’emplacement précis, une seule question oriente tout le reste : le totem doit il être lisible après la tombée du jour ?
Si la réponse est non, tout le raisonnement qui précède disparaît et un support passif fait le travail pour moins cher. Si la réponse est oui, elle détermine le mode de diffusion, le mode d’alimentation, le fourreau, et donc le calendrier de chantier. C’est la seule question du projet qui, mal tranchée, oblige à tout reprendre.
